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Bastia Offshore Fishing Association

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Nous sommes particulièrement préoccupés de la tournure des réunions de gestion du Parc Marin. Les pressions sont fortes pour légiférer sur la pêche de loisir, il n'y a à ce jour aucune réflexion sur la pêche professionnelle. En tant qu'association de Protection de l'Environnement, nous sommes avant tout inquiet pour la ressource halieutique, car elle n'est pas au centre des discussions et son intérêt passe au dernier plan devant les intérêts politico-économiques. Extraits ci-dessous !
 

EXRTAITS DU COMPTE RENDU DE GESTION DU PARC MARIN DU CAP CORSE DU 06/11/2017

 

Règlementation

 

"Mme Cancemi présente la diversité des couches réglementaires applicables au sein du PNM en matière de protection de l’environnement, notamment :
o la question de l’assermentation des agents de terrain,
o
la réglementation existante concernant la pêche maritime de loisir."

 

Notre analyse : Aucune remarque sur la pêche professionnelle, la pêche de loisir  jouera donc le rôle de variable d’ajustement et sera désignée seule responsable de la baisse de la ressource halieutique ! Dans l’intérêt de la biodiversité, nous ne saurons valider des décisions qui servent des intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général.

Seules des décisions courageuses et fortes, impactant tous les acteurs,  pourront garantir le renouvellement de la ressource halieutique.

La pêche de loisir est essentiellement côtière, et selon l’étude de l’Ifremer prélèverait de l’ordre de 20 000 t par an. La « pêche fraîche » professionnelle, qui couvre aussi la pêche au large exercée par les chalutiers de 18 à 25 m, produit 310 000 t annuelles. La pêche de loisir représente donc 6% du prélèvement total.

source : http://sih.ifremer.fr/Description­des­donnees/Les­donnees­collectees/Peche­recreative

 

 

"M. BRUGIONI fait part des inquiétudes des pêcheurs professionnels du port de Centuri. Il s’interroge sur les contrôles effectués car il y a beaucoup de plaisanciers qui pêchent sur la zone. Il dénonce un certain braconnage et espère que le PNM jouera son rôle à ce niveau."

 

Nous avons observé avec grande tristesse, justement dans la zone de Centuri, des kms de filets en limite du plateau du coté ouest, exerçant une action de pêche très intensive sur une même zone. Les filets sont relevés et recalés sur les mêmes postes, la densité de bouées en surface est particulièrement inquiétante et couvre tout le versant ouest de la limite du plateau… Cette pression de pêche, sans alterner les zones de prélèvement est fortement préjudiciable à l’écosystème et revient à une privatisation de la zone…
Au sujet de Centuri, les langoustes continuent d’y être pêchées au filet, et à cette pression de pêche se rajoute la pêche à la nasse dans les zones inaccessibles aux filets. Ainsi, la pêche à la nasse –subventionnée !- qui devait se substituer à la pêche au filet notamment pour éviter les captures accidentelles, est simplement venue augmenter les moyens de pêche et donc la pression de pêche globale sur la langouste. La taille minimale de capture de la langouste n’est pas non plus respectée par l’ensemble des professionnels, comme en atteste la condamnation de l’un d’entre eux cet été… Accable-t-on également les pêcheurs plaisanciers sur la raréfaction de la langouste et le plan de sauvegarde qu’elle a déjà nécessité (1,3M€ entre 2007 et 2013 !) ? Il faudra que chacun assume ses responsabilités si l’on veut des décisions justes et surtout garantes de la pérennité de la ressource halieutique.
Ci-dessous les réflexions de l’assemblée de Corse sur le plan langouste et notre interprétation.

 

Article complet : www.corse.fr/file/155097/

 

 

EXTRAIT SEANCE DU 5 JUIN 2014 – ASSEMBLEE DE CORSE

 

Focus sur la langouste rouge

La langouste rouge Palinurus elephas est un crustacé de grande importance économique en

méditerranée. En 1956, Doumenge décrivait déjà cette pêche comme étant la plus rémunératrice et la plus régulièrement pratiquée sur le littoral rocheux de la Corse (300 tonnes par an à l’époque). On observe aujourd’hui une baisse des productions qui semble imputable à une érosion du stock.

Les études menées depuis plus de 10 ans ont montrées que la réduction de la taille des prises

permet d’affirmer que nous sommes dans un cas de surexploitation.

L’ensemble de la communauté scientifique ayant travaillé sur le sujet est unanime pour affirmer que le filet trémail (engin non sélectif) et sa mauvaise utilisation (calées trop longues) en sont les principales causes. Toutes les pêcheries de langoustes dans le monde ayant utilisé le filet trémail, ont toutes périclité et seules demeurent pérennes celles utilisant des nasses. Certaines se sont mêmes totalement reconstituées grâce aux nasses.

Un plan de gestion durable de la ressource de langouste rouge, unique en Europe, a été lancé dès le mois de mars 2011, en partenariat avec l’Etat, les prud’homies de pêche de Corse et le Comité Régional des Pêches Maritimes et des Elevages Marins de Corse.

L’Office de l’Environnement a accompagné ainsi un programme expérimental destiné à optimiser la mise en oeuvre progressive de techniques de pêche plus sélectives, sur la base d’une expérimentation du retour à la pêche à la nasse.

Cela a permis de pratiquer la pêche de cette espèce au seul moyen des nasses pendant un mois de chaque année de 2011 à 2013.

Cette expérimentation, largement suivie les pêcheurs langoustiers, avait pour but de tester en vraie grandeur un nouvel engin de pêche plus sélectif.

Les premiers résultats de cette expérimentation ont montré que l’état actuel du stock ne permet pas, à court terme, un arrêt définitif de la pêche au filet au profit de la nasse.

 

Il faut comprendre comment cette dernière phrase a pu être prononcée en guise de conclusion, car elle est bien lourde de sens : cela signifie que la pêche à la nasse, définie dans l’étude comme la seule solution pérenne dans le cadre de la pêche de la langouste, ne peut se substituer au filet trémail en Corse car l’état des stocks ne le permet pas, c'est-à-dire que l’exploitation au filet trémail a tellement surexploité la ressource que la pêche à la nasse se serait pas rentables pour les pêcheurs à ce stade, ce qui nous oblige donc à maintenir la pêche au filet trémail…

Ainsi les intérêts de la ressource ne sont nullement pris en compte. In fine, ceux des pêcheurs également puisqu’ils auront épuisés ladite ressource qui les nourrissait.

 


 

"Mme DIJOUX souhaite revenir sur l’intervention du maire de Centuri. Elle pense qu’un des premiers projets du parc naturel marin pourrait être d’apporter des éléments de connaissance pour une meilleur adaptation de la réglementation sur la pêche du denti qui est une espèce qui, à l’heure actuelle, n’est ni protégée ni limitée. Elle dénonce un braconnage suivi de vente directe. Elle pose la question de l’assermentation des agents."

 

Sans contester l’existence de réseaux de revente de denti par des non professionnels,  ces braconniers ne sont aucunement assimilables à la communauté des pêcheurs plaisanciers. D’ailleurs les réseaux qu’ils utilisent pour écouler le produit de leur braconnage est connu par la pêche professionnelle. Les pêcheurs professionnels insulaires pourraient facilement dénoncer ce système et ces auteurs.

Scientifiquement parlant, les plaisanciers pêchent à l’hameçon des poissons lors d’une action de nutrition. Ces moments de prédation sont difficiles à prédire et leur durée brève. Cette action de pêche à l’hameçon est particulièrement sélective, ancestrale, et permettant la relâche des individus sous taille. Comparativement, la pêche professionnelle utilise des engins de pêche hautement néfastes : le filet est moins sélectif, les poissons sont généralement pêchés lorsqu’ils se regroupent et notamment pendant les périodes de reproduction. Les chalutiers, -largement décriés sur le plan européen et amenés à disparaître à court terme-, certes minoritaires sur l’île  mais faisant partie intégrante de la Prudhommerie de Corse, sont des engins de pêche aucunement sélectifs, avec des rejets importants (prises accessoires) et des dégâts auprès de l’habitat tout simplement désastreux ! Sur la plaine orientale, les pouponnières que constituaient les herbiers de posidonies notamment sur la Marana ont été dévastées par cette technique de pêche.

Il serait bon d’envisager plutôt une taille minimale de capture du denti autour de la taille supérieure de maturité sexuelle (environ 1 kg), applicable au sein du PNM à la fois aux pêcheurs professionnels et aux plaisanciers, ainsi qu’une période de repos biologique. Si la mesure n’implique pas de façon identique pêcheurs professionnels et de loisir, c’est qu’elle est nulle et non avenue d’un point de vue moral, scientifique et environnemental.

source : http://www.bastia-offshore-fishing.com/Pages/denti.aspx

 

 

"M. DE MARCO regrette que la déclaration de pêche de loisir n’existe plus car elle permettait d’estimer le nombre de pêcheurs plaisanciers sur la zone. Il est donc difficile d’évaluer les prélèvements effectués.

Mme CANCEMI souhaite que la déclaration de pêche soit mise en œuvre au sein du PNM afin de pouvoir être en contact avec le public concerné et pouvoir lui expliquer la règlementation ou le fonctionnement d’une aire marine, mais également afin de pouvoir suivre l’évolution du nombre de pêcheurs de loisirs dans le périmètre du PNM. Cette déclaration pourrait être accompagnée d’une restriction du volume pêché."

 

La déclaration de pêche –de même que le permis de pêche- n’a pas fait ses preuves dans les différentes zones pilotes où il a été mis en place en Europe. L’idée a d’ailleurs été abandonnée. La déclaration de pêche pose le problème essentiel de la qualité, de la pertinence et de la véracité des informations. Nous avons vu que ce type de procédés ne donnent pas d’informations justes et ne permet donc pas d’en déduire des extrapolations. La seule méthode fiable consiste en des contrôles renforcés (au sein du PNM en mer ou lors des retours des embarcations aux ports). Ces contrôles permettent dans le même temps de récolter des données à visée scientifique fiable, de faire de la prévention et de la répression au sein du PNM.

 

 

"M. DJAFFAR indique qu’il y a un volet règlementaire et un volet contrôle dans ces problématiques. La DIRM et les services départementaux doivent œuvrer pour l’encadrement de la pêche de loisir. Il reprend l’expérimentation de la réserve naturelle des Bouches de Bonifacio sur le quota des 5 kilos de poissons, avec prises en compte des prélèvements dans l’analyse scientifique. Cet arrêté pourrait être mis en place au sein du PNM."

 

Encore une fois,la seule variable d’ajustement envisagée semble être la restriction de la pêche de loisir, laissant penser qu’elle est seule responsable de la situation actuelle de la ressource halieutique ! Si l’on accepte le postulat que des mesures sont nécessaires car la ressource est en danger, alors il faudra des mesures capables d’inverser ce processus. Or ne limiter que la pêche de loisir reviendrait à octroyer aux professionnels des droits exclusifs au sein du PNM ! C’est une privatisation d’un bien commun au profit d’une seule catégorie, qui a pourtant une responsabilité majeure voire exclusive sur l’état des stocks de poissons. L’ensemble de la population insulaire  ne saurait l’accepter.

 

 

"Mme CANCEMI précise que l’oursin n’est pas en danger, le problème étant la revente accompagnée de prélèvements importants. Les agents du PNM pourront informer dès cette année sur la règlementation en vigueur. Une réflexion devra être menée sur les dates de prélèvements afin d’éviter le prélèvement d’oursins vides.

Mme SANTUCCI estime que « la ressource est pillée ». Elle demande à ce que soit menée une réflexion sur la mise en place de mesures coercitives avec pédagogie."

 

Il semble évident que l’oursin est en danger, les niveaux de prélèvement et leur évaluation sont problématiques. Il suffit de se mettre à l’eau en période de prélèvement autorisé pour réaliser la gravité de la situation. Dans certaines zones (pillées !), aucun oursin n’est présent entre la surface et les 4 premiers mètres de profondeur ! Incriminer le braconnage soulève un autre problème : le braconnier n’ayant aucune raison de respecter l’interdiction en été puisqu’il ne respecte déjà pas les quotas en hiver, comment peut-on expliquer la bonne représentation des oursins sur les côtes insulaires en période estivale ?
Il faudrait également ne prélever les oursins que lorsqu’ils sont pleins. Le non-prélèvement après un coup de vent ou en période de lune descendante devrait en effet être préconisé, de même que leur commercialisation pour ces mêmes périodes.

 

 

"M. le préfet de Haute-Corse appelle de ses vœux un encadrement de la pêche maritime de loisir qui tendrait à faire du pêcheur plaisancier un acteur à part entière assorti d’une obligation d’obtenir une autorisation de pêche dans la zone concernée, ceci dans un but de déclaration et de limitation des captures les captures. Ces données seraient valorisées au niveau scientifique afin d’enrichir la connaissance pour mieux évaluer l’impact sur la ressource halieutique et le niveau des ressources dans ces zones sensibles."

 

L’autorisation de pêche (ou permis) est assimilée par l’usager comme  un droit de prélèvement, aussi le permis produirait l’effet inverse de celui escompté.

L’obligation d’obtenir une autorisation (appliquée de plus exclusivement aux pêcheurs de loisir) continue de cibler les actions du PNM sur cette population des pêcheurs de loisir, lui attribuant donc l’exclusivité de la problématique de la ressource halieutique.

Comme dans le cas de la déclaration de pêche, la seule méthode fiable consiste en procédant à des contrôles réguliers (au sein du PNM en mer ou lors des retours des embarcations aux ports). Ces contrôles permettent dans le même temps de récolter des données à visée scientifique fiable, de faire de la prévention et de la répression éventuelle.
Ces contrôles devront bien évidement  concernés l’ensemble des acteurs du PNM.

 

Nous serons attentif à la suite qui sera donné au sein du Comité de gestion du Parc Marin, qui devait être un outil fantastique au service de la Corse. Les pêcheurs de loisirs insulaires ont fait le choix de se faire représenter au sein du Comité de Gestion du PNM  du Cap Corse par des membres proches la pêche professionnelle, ceci afin de faciliter les discussions et d'avancer tous ensemble dans une démarche constructive, dans l'intérêt général et surtout celui de la ressource halieutique. Il ne faudrait pas voir dans nos choix un renoncement devant nos responsabilités, bien au contraire.